ORCA (France) - 1999
 
Commentry (France) - 1999
 
Mino (Japon) - 2002

 

 

 

 

 

COPRIM (France) - 2001

 

Aulnay sous Bois (France) - 2000

 

Ligny Le Chatel (France) - 2001

 

 

 

 

 

Poligny (France) - 2003

 

Troyes (France) - 2005

 

MAM - Santiago (Chili) - 2000

    J’aime composer des «paysages» et mes sculptures n’en sont que les éléments. Créer un paysage de sculptures, c’est reconnaître un lieu et le respecter. C’est donner un sens aux sculptures entre elles et favoriser leur dialogue avec le lieu lui-même. Mes sculptures sont différentes dans une abbaye romane ou dans un centre culturel très contemporain. En lumière naturelle ou artificielle. De jour ou de nuit. A l’intérieur ou à l’extérieur…

Les sculptures sont principalement en papier. Il est utilisé sous toutes ses formes (pâte de papier, papier recyclé ou fabriqué à l’atelier) et souvent identifié : lettres, c.v. périmés, écritures, papiers personnels, quotidiens et journaux du jour. La pulpe naturelle vient du Japon (Kozo), ou bien de France (coton ou chiffon), ou encore de Géorgie, Scandinavie ou Brésil (sciure de bois).
Les structures sont en bambou, en osier, en noisetier ou encore en châtaignier, saule ou frêne. Certaines écorces viennent du Canada ou d’Afrique…Les ficelles sont souvent celles des facteurs parisiens, négligées ou perdues…
Les pigments qui colorent les papiers dans la masse, sont toujours naturels : ocres de Roussillon, bleu à tracer des maçons de tous les pays (les plus beaux viennent du Portugal ou de la République Tchèque) ; pour les gris, j’utilise la cendre des feux de bois du Morvan et pour les noirs, la suie du poêle de l’atelier à Paris. L’or vient de Sicile et le blanc de Meudon.
Les colles sont à l’eau ou à l’amande. Parfois ce sont des colles d’os ou de peau ou encore des colles blanches. On y rajoute quelques gouttes d’essence de Mirbar pour la conservation et le parfum… Si j’utilise de la cire (pour le brillant, le parfum et l’imperméabilisation), c’est de la cire d’abeille appliquée à chaud comme les Romains qui enduisaient ainsi leurs bateaux avant de les mettre à la mer !).
Les sculptures en papier peuvent être merveilleusement solides, selon leur épaisseur et leur aspect de surface. Elles peuvent également être très fragiles et transparentes. Tout est possible…C’est selon…

J’aime utiliser les techniques recueillies ici ou là, parce qu’elles me donnent la force des Anciens. Elles me confortent dans mon identité et me permettent d’être un trait d’union entre le monde archaïque et ce monde moderne « épuisant de nouveauté ».

 
 

Lorsque vous verrez mon dossier, C.V., photos, vous comprendrez combien la « mise en paysage » de mes
« sculptures » est importante. Et, ce sont ces deux éléments complémentaires :…
- Making : fabrications d’objets en éléments naturels (branches, bambous, écorces, formant structures) et pâte de papier teintée dans la masse (pigments naturels, terre, suie, cendre etc)
- Spacing : mise en espace pour donner un « sens » entre les objets et le lieu qui les reçoit
…qui enchantent ma vie et ma réflexion, poétique ou philosophique. Et pour favoriser une communication entre moi et les autres, l’exposition est indispensable.

Les sculptures (de 0,10m. à 7m. de hauteur ou de longueur) sont très légères et mobiles. Certaines sont suspendues. Elles sont destinées à créer des cheminements de découverte, de silence, d’étonnement et de réflexion. Articulées autour de deux mondes qui voudraient trouver l’harmonie :
- la terre/nature et ses couleurs
- le ciel/cosmos et ses transparences
L’être humain restant vertical, représenté par le public lui même, axé entre terre et ciel. Quand à la présence du Temps, elle est incontournable, inéxorable…
La visite du lieu d’exposition est indispensable plusieurs mois à l’avance. Le montage se fait en 2 ou 3 jours mais la lumière (naturelle ou non) est un travail très important à ne pas négliger.

 
 

J’aime composer des paysages et mes sculptures n’en sont que les éléments. Créer un paysage de sculptures, c’est reconnaître un lieu, le respecter. C’est donner un sens aux sculptures entre elles et favoriser leur dialogue avec le lieu lui - même . Alors, elles se chargent des regards de ceux qui le traverse. Créer, c’est donner la vie, c’est donner l’âme.
Revivre les origines pour parvenir à une unité plus profonde à travers les rites de mondes perdus dont nous portons les traces. Chercher les repères qui font la trame de notre mémoire collective, les mettre à jour pour créer nos propres signes, devenus alors l’essentiel de notre propre mémoire, et ceci dans un va - et - viens continuel. Nos œuvres ne sont elles pas les archéologies de demain ?
POLSKA - journal de bord - 2003

… « Comme surgie d’une gravitation magique, chaque pièce inaugure un rêve unique, infracassable et fragile, détaché du cycle éternel des renaissances, et arraché à l’éphémère. Infime repère de vie où s’appareillent tous les espoirs, où s’étreignent les cruelles flammes veloutées de l’enfance…Hors mémoire et sans âge, l’œuvre de Polska jette vers l’ailleurs de secrètes passerelles… Polska, veilleuse d’immensité rêveuse… »
Christian Noorbergen – « Entre Ciel et Terre »

… « Demeures de branches fines et de papier tendu, diaphane. Souvenirs sans abri mais fidèles à l’écho des murailles…
Grandes ailes élancées, frêles et claires, même détachées de l’oiseau, toujours emplies, gorgées de leur première lumière…
Polska, sur la berge épure ; le regard clair et le geste précis, elle cadre, dessine et sculpte ce qui s’envole dans un souffle et sort du bronze creux comme on sort du puits. »
Jean Louis Vincendeau – « Une profondeur qui s’élève »

 
 

PAYSAGES INTEMPORELS - Chapelle de la Congrégation des Vignerons
Dans la Chapelle, qui est très grande (18O m2) , je veux raconter des souvenirs de la Bible et des Ecritures perdus et retrouvés dans ma mémoire.

Il y aura les "Gardiennes d'âme", une" Coupe Bleue", et un "Petit Refuge pour les Oiseaux" (il y a toujours un nid d'hirondelles dans une église), les "Gardiennes d'Ame" s'ouvriront sur les deux "Pirogues lumière/nuit" (5m), homme - femme des premiers signes et de l'écriture à venir. Leur "Ombre" n'est pas encore décidée.
Devant l'autel actuel, un peu baroque, il y aura "La Cène des Treize", grande table en pierre de papier et "Treize Coupes" dont une noire, posées et plus ou moins remplies de petits restes de la nature: os, graines, pétales ou noyaux.
Une "Grande Corne" (4m) d'abondance, celle qui permet de parler et d'écouter le ciel jouera avec "Le passage de Naomi", tout en spirales...
"Les Jarres" noires, blanches et grises et "Le Bouclier de La Mariée" évoqueront "Les Noces de Cana », un chemin de "Pépins de la Réalité" mènera aux "Pierres de Prière". Un gros bloc monolithe et solitaire racontera "Le Mythe de Sisyphe".
Et "L'Autel de la Purification" rappellera les eaux et le sel du baptême.
Comme étonné, un grand "Insecte /Inceste", couleur écorce de bouleau, "Phasme ou Fantasme", grandira au dessus de la chaire en bois, existante, perdue et sans escalier. Il sera accompagné de ses « Cocons »
Sur un grand socle déjà placé là, quelques" Ex-votos" et "Offrandes".
L'ensemble est en papier de soie ou pâte de papier modelée sur des structures en branches d'osier et de bambou traité ou de grillage métallique.
L'éclairage restera naturel. J'ai demandé que les toiles d'araignées vivent leur vie. Seul, l'espace d'accueil sera très propre et ordonné.
La grande porte ouverte devrait suffisamment rendre transparentes les Gardiennes et baigner la Chapelle d’une douce et fraîche lumière d’été.
Les vitraux cassés en cours de restauration sont doublés de plastic.Ils resteront tels. Les tringles de spots seront démontés.
Je garde les lieux intacts. Juste, j'installe ces "Paysages Intemporels" comme autant de réminiscences, un peu mystiques, un peu oubliées, un peu présentes.
Un appel au souvenir et au mystère.
POLSKA, Poligny le 9 Juin 2003

 
 

« Cohésion d’été » - Château de La Louvière  - 03 Montluçon
Ne rien négliger, ne plus détruire, conserver chaque parcelle même minuscule, elle est point de départ… La graine contient à elle seule tout le monde végétal, la plus petite coquille de l’escargot, le monde minéral, et la plume, tous les oiseaux du ciel…
Chaque racine engendre la vie. Chaque souffle aussi.
Les miels sont sucrés de toutes les amours entre insectes et fleurs… Osmose, fusion, métamorphose, perpétuel renouvellement et adaptation, à partir de la plus petite partie.
Elle est ouverte à tous les vents et à tous les rêves de tous les règnes : animal, végétal, minéral et humain. Souvenirs, pensées, pétales, pépins ou noyaux, tout a besoin du même soleil pour respirer, pour exister, enfin!
Le bambou du Japon est choisi pour sa construction autour du vide. « nœud sur nœud s’échafaude toujours la même architecture» - (Goethe - La métamorphose des plantes)
Ses «chambres à air» permettent de recueillir tous les fragments, autant d’offrandes … Sables volcaniques du Cap vert, poussières d’or ou de marbre de Sicile, terres de Pologne ou du Guatemala, ocres de Roussillon, gousses du Brésil ou du Morvan, pollen du Chili, cendres du Nouveau Monde ou de l’Ancien, souffres, éthers, pollens ou huiles essentielles, écailles du poisson - coffre d’Egypte, plumes de faisan ou de pélican, piques de cactus chilien ou de hérisson canadien, tout un inventaire…
POLSKA , le 6 Juin 2004